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Le Figaro Economie
- 28.9.2001
La colocation, mode d'emploi
De plus en plus prisée par les étudiants, cette formule
permet de louer à plusieurs un grand appartement à moindre
frais plutôt que de se retrouver seul dans un petit studio.
Cependant, son mode de fonctionnement n'est pas sans embûches
pour le locataire comme pour le propriétaire. Conseils.
Les étudiants sont de plus en
plus nombreux à opter pour la colocation. Les studios sont
délaissés au profit de plus grands appartements, loués à
plusieurs. Un mode de fonctionnement sympathique, mais qui
n'est pas sans embûches. Quelles sont les précautions à
prendre?
Propriétaires
Tout d'abord, mieux vaut faire signer le bail par l'ensemble
des colocataires, plutôt que par un seul. Ainsi la responsabilité
de chacun est également engagée. Par ailleurs, la Fnaim
recommande la signature d'une “clause résolutoire de plein
droit en cas d'impayés de loyers”. Cette clause implique
une rupture du contrat de location avant son terme si les
loyers ne sont pas payés. La “clause de solidarité” permet
de lier les locataires les uns aux autres jusqu'au terme
du bail. Pour encore plus de sécurité, une caution est généralement
demandée aux parents. Dans le cadre d'une colocation, les
professionnels recommandent la caution solidaire: l'engagement
porte alors sur la totalité du loyer, et pas seulement sur
la part d'un des locataires. Dans un souci d'équité, mieux
vaut que tous aient une telle caution. Aucune obligation
légale n'impose un partage du dépôt de garantie. Toutefois,
mieux vaut diviser le montant à payer par le nombre de colocataires,
ainsi chacun se sent également concerné par les éventuels
dégâts commis dans l'appartement.
Locataires
Chaque colocataire doit être conscient de ce à quoi il s'engage.
Il doit se montrer prudent pour ne pas être le seul à payer
pour les autres. La clause de solidarité est une solution:
elle implique un paiement du loyer jusqu'à la fin du bail,
même par un locataire qui n'est plus dans les lieux. Mais
en cas de mésentente, celui qui quitte l'appartement risque
de se trouver piégé. Opter pour une caution solidaire est
aussi loin d'être un acte anodin. Si un des colocataires
cesse de payer, le propriétaire peut se retourner contre
n'importe quelle caution, qu'elle soit liée ou non au mauvais
payeur! De plus, un colocataire ayant quitté l'appartement
reste caution solidaire, même s'il a prévenu le propriétaire
de son départ. La charge de sa part de loyer lui revient
toujours. Enfin, comme pour toute location, la souscription
d'une assurance multirisque habitation est obligatoire.
Un seul contrat suffit, inutile d'en avoir un par locataire.
Mais n'oubliez pas de prévenir votre assureur de la nature
du bail! Et prévoyez une répartition du paiement de l'assurance
avec les autres colocataires.
D'un point de vue pratique, les spécialistes de la colocation
recommandent de mettre les choses au clair et par écrit
dès le départ. Le site Colocation.fr
propose même une “charte”, qui n'a certes aucune valeur
juridique, mais peut permettre de fixer les grandes lignes
de conduite entre occupants. Par exemple, la quote-part
de chacun dans les dépenses, ou le nombre de fêtes que chacun
peut organiser par mois!
Un bail par chambre
Pour éviter les complications liées à la signature d'un
bail à plusieurs, certains propriétaires de meublés font
signer un bail par occupant et préfèrent louer chaque chambre
individuellement avec jouissance des pièces communes (cuisine,
salle de bains et, éventuellement, salon). En cas de départ
intempestif d'un des locataires, le manque à gagner est
certain. Mais cela permet aussi de choisir librement les
occupants du logement et d'une certaine façon de “diversifier
les risques”.
Elsa Bembaron
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